Fils de Temüdjin

Fils  de Temüdjin

Histoire de la Mongolie, partie 1

Histoire de la Mongolie 1

Extrait d'un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.

L'histoire de la Mongolie se confond avec l'histoire des peuples nomades qui ont peuplé
la steppe d'Asie centrale.

Aux sources du fleuve Amour qui sert de frontière à la Chine et à la Russie, la Mongolie est le cœur de la steppe d'Asie centrale et a souvent été le point de départ de redoutables guerriers qui, lorsqu'ils ont su fédérer leurs tribus d'éleveurs nomades, ont pu se tailler des empires, en déferlant avec leurs arcs et leurs petits chevaux jusqu'au sud de la Chine, et de l'Inde, et même en Europe occidentale (Huns d'Attila, Bulgares, Avars, Hongrois encadrés par une aristocratie hunnique).

Fière d'avoir constitué au XIIIe siècle avec Gengis Khan le plus vaste empire du monde, pacifiée par les Mandchous au XVIIe siècle, devenue indépendante de la Chine à partir de 1911avec l'aide des Russes, la Mongolie s'exerce aujourd'hui à la démocratie avecl'aide de la communauté internationale.

Sommaire

1.1 Les pierres à cerfs
           
1.2 Les tombeaux à dalle

 

        

Préhistoire

L'homme parvient en Mongolie entre 200 000 et 100 000 ans avant notre ère. Les premières occupations humaines, découvertes dans le Sud des régions de Khangaï et du Gobi, livrent un grand
nombre de pierres taillées et d’armes primitives, faites en partie de galets fluviaux, l’une des extrémités du galet ayant été taillée pour être tranchante. Elles peuvent servir à dépecer la chair des animaux tués, à écorcher et à préparer leurs peaux. Elles ont été fabriquées par l’homme de l’Ordos, découvert en 1920 et proche de l’homme de Néandertal. Le climat du territoire de l’Ordos, à la fin du Paléolithique supérieur (100 000 av. J.-C.), est beaucoup plus doux que de nos jours. Les montagnes sont couvertes de forêts de sapins et de feuillus. Les prairies des vallées nourrissent des troupeaux de mammouths, mais aussi des animaux des zones chaudes, comme les antilopes[1].

Durant le Paléolithique moyen, de 100 000 à 40 000 avant notre ère, la période glaciaire modifie les modes de vie. Les hommes ont de plus en plus besoins de peaux animales et d’abris de bois. Les outils de pierre se perfectionnent et se diversifient. Le feu est découvert ; les hommes s’abritent dans des grottes, prennent les animaux au piège et creusent des fosses avec des pieux taillés en pointe[1].

L’Homo sapiens parvient en Asie centrale vers 40 000 av. J.-C. Les sites les plus importants de Mongolie remontant au Paléolithique supérieur (- 40 000 à - 12 000 ans) se trouvent dans
l’aïmak Boulgan, au bord de la rivière Kharaa et près d’Oulan-Bator, aux environs de Sar Khad. Les fouilles et les objets préhistoriques des bords de la Toula et de la Selenga indiquent que la région est occupée par des mammouths, des cerfs préhistoriques à grands bois, des rhinocéros à fourrure de Sibérie, des bisons et différents types d’antilopes. L’usage des armes de jet se répand (javelot à pointe d’os sur la route reliant Oulan-Bator et Sukhebâtor). Les hommes de cette période, grâce au développement des techniques de chasse (pièges,battues, armes de jet), comme l’atteste le mobilier retrouvé, sont moins nomades que leurs ancêtres. Le réchauffement climatique permet aux hommes de quitter les grottes pour s’établir dans les vallées au bords des rivières (sites des rivières Aga, Orkhon et Selenga) dans des huttes à base ronde ou carrée creusées dans la terre, au sol remplis d’os d’animaux ou de pierres, aux parois couvertes de peaux d’animaux et aux murs et
au toits de branchages. On suppose que les grandes familles se formèrent pendant cette période. Ces communautés, fondées sur la descendance commune, exécutent les travaux nécessaires et chassent en commun. Les femmes ramassent les fruits et les grains, cultivent la terre de façon primitive, gardent le foyer, préparent la peau des animaux tués et confectionnent les vêtements. Certains auteurs parlent d’un système matriarcal à la fin de la période, quand les grandes familles de chasseurs sont parvenues à s’établir de façon à peu près stable[1].

Le Néolithique commence en Asie centrale au VIIe ou au Ve millénaire av. J.-C.. Les fouilles de A. P.
Okladnikov entreprises en 1960 dans la l’aïmak sud du plateau de Gobi ont livré les restes d’un atelier de taille de pierre, un foyer en pierre, des armes et outils taillés, des os d’animaux (dont des volailles), des restes de charbon et de cendre. Parmi les outils de pierre, on relève un grand nombre de racloirs et de pointes de flèches taillées des deux cotés. L’homme néolithique maîtrise le perçage et le polissage. Près de la rivière Yœrœ ont été découvert des mortiers broyeurs attestant de
la connaissance de la transformation du blé. Ailleurs ont été trouvés des instruments de pêche en
pierre. Les objets découverts, parmi lesquels des outils fait en néphrite où elle ne se rencontre pas, amènent à supposer que les rapports entre les communautés humaines dépassent les frontières de la Mongolie d’aujourd’hui.

A partir du Ve siècle av. J.-C., l’extension de l’élevage désintègre progressivement la grande famille au profit de la famille patriarcale. Les sources archéologiques des Ve-IIIe siècle avant l'ère chrétienne indiquent que l’élevage est alors très répandu en Mongolie, dans les prairies des vallées de l’Orkhon et du Kerulen (anneaux de museaux et outils de bronze en rapport avec l’élevage, bijoux destinés à orner les bêtes, restes d’os de cheval, de bœuf, de mouton et de chèvre). Les
montagnes abondent en gibier. Une agriculture primitive est attestée par des mortiers et des broyeurs de bronze.

Des dessins rupestres illustrent l’expansion de l’élevage : chasseurs, pâtres conduisant leurs troupeaux, chars stylisés[1]. Les kourganes de Pazyryk dans l’Altaï, datés du Ve siècle av. J.-C. livrent des charriot à roue, des tentures murale en feutre, des mors et des brides, des tapis de selle en soie brodée, des objets de bois sculptés. Le tumulus 2 contient le cadavre d’un chef couvert de tatouages, avec des miroirs de bronze venus de Chine.

L'âge du fer commence au IIIe siècle. Les objets de fer trouvés dans les tombes à dalles montrent que l’expansion de la ferronnerie s’est faite progressivement vers le sud du lac Baïkal. Une
aristocratie de la steppe émerge. Certaines formes collectives de l’exercice du pouvoir subsistent parallèlement, comme l’assemblée des chefs de clan[1].

Les pierres à cerfs

Dans les plaines du nord de la Mongolie, de mystérieuses représentations de créature cornues à
bec d'oiseau semblent grimper le long de monolithes de granite appelés pierres à cerfs. Ces stèles dont certaines atteignent 4,50 m de hauteur, montrent aussi des ceintures équipées de flèches, de haches et d'outils de l'âge du bronze. Selon les spécialistes qui tentent de déchiffrer ces monuments, ils ont été érigés entre 1100 et 800 av. J.-C., environ deux millénaires avant que les guerriers de Genghis Khan ne dominent ces steppes. Ce sont des hommages à des chefs ou à des guerriers, peut-être tombés au combat. Ces créatures mi-cerf mi-oiseau devaient probablement montrer le chemin vers l'au-delà. Quelque soit leur signification, elle était forte, car, pour chaque stèle, plusieurs chevaux ont été sacrifiés. Leurs têtes ont été enterrées en cercle autour des monolithes, le museau pointé vers le soleil levant. On a déjà retrouvé près de 600 pierres en Mongolie, au Kazakhstan et en Russie[2].

Les tombeaux à dalle

Les tombeaux à dalle se répandent à l’ouest du Baïkal (du VIIIe aux IIIe-IIe siècles av. J.-C.), caractérisés par des dalles posées sur le sommet et parfois sur les côtés des tertres funéraires. Les morts sont couchés sur le dos, la tête à l’est, parfois posée sur une dalle, souvent accompagnés d’objets précieux : haches et épées de bronze, porte-aiguilles en bronze avec des aiguilles d’or, miroirs de bronze à manche constitué de figures animales typiques de l’art scythique. Les
fragments des poteries qu’ils ont livrés proviennent de deux types : un ressemble à la poterie d’Ordos et des régions méridionales de la Mongolie, l’autre est analogue à celle du territoire de l’outre-Baïkal[1].

Les Xiongnu

Les Xiongnu entrent dans l'histoire en -245, à l'occasion d'un affrontement contre le royaume
chinois de Zhao. La confédération nomade des Xiongnu crée par Touman, certainement composée de peuples Proto-turcs, trouve son centre dans la région de l’Orkhon et de la Selenga, en Mongolie
actuelle. Le chan-yu qui détient le pouvoir suprême réside sur le cours supérieur de l’Orkhon. Il est suivi dans la hiérarchie par les deux toukis (chefs sages). Le « chef sage de gauche », héritier du titre de chan-yu, a son siège à l’est près du cours supérieur de la Kerulen. Le « chef sage de droite » est installé dans la montagne du Khangaï, près d’Ouliastaï. Des fonctionnaires leurs sont subordonnés. L’empire est organisé sur une base militaire avec une discipline sévère. L’armée,
composée de l’ensemble des hommes, est divisée en dix régiments, subdivisés en escadrons et en « dixièmes ». La division décimale de l’armée, comme la tactique et la discipline militaire, survivront à l’empire. La cavalerie, très mobile, est l’arme principale. Les Xiongnu livrent rarement une bataille
rangée, préférant tendre des embuscades. De source chinoise, ce sont d’excellents archers.

Comme l'attestent les fouilles de Noïm-Oualaï, les Xiongnu pratiquent l’artisanat : ferronnerie (vaisselle en fonte et clochettes), filage et tissage de la laine, orfèvrerie. Ils sont certainement chamanistes.
Ils adorent le ciel (tengueri) et les esprits des montagnes et des cols. Pour porter le deuil, ils se blessent le visage avec un couteau pour que le sang se mêle à leurs larmes. Ils étranglent souvent les femmes et les serviteurs des nobles défunts pour les enterrer avec. Ils fabriquent une coupe du crâne de leurs ennemis, pour décupler leurs forces en buvant dedans. La fête principale à lieu
en automne lorsque la population et les troupeaux se réunissent pour un recensement sur ordre du chan-yu.

Les Xiongnu sont des pasteurs semi-nomades, éleveurs de chevaux et de bœufs. La proportion de bétail par personne est estimée à 300 têtes pour les tribus les plus riches. On estime que la Mongolie pouvait nourrir de 4 à 12 millions de chevaux. Les excédents de l’élevage sont échangés avec les peuples voisins sédentaires (Chine) contre des biens nécessaires à l’aristocratie : riches
vêtements, armes, vaisselle, produits agricoles.

Les empires des steppes

Vers 150 les Xianbei exercent leur hégémonie sur la Mongolie orientale au détriment des Xiongnu
septentrionaux. Au IIIe siècle, les Avars ou Ruanruan forment une confédération qui s'étend au Ve siècle de la Corée à l’Irtych. Le puissant empire Köktürks de Bumin les bat en 552. La Mongolie est intégré au premier puis au second empire turc jusqu'en 744. Les Ouïghours dominent ensuite la région jusqu'en 840 quand leur empire tombe sous les coups des Kirghizes.
Ces derniers sont chassés à leur tour par les Khitans en 924. La Mongolie, vidée de ses habitants, échappe désormais aux peuples turcs (les Ouïgours refusent la proposition des Khitan de réintégrer la région) au profit des proto-mongols venus principalement de Mandchourie (Tatars, Naïman, Keraït, Ongüt).

Les empires des steppes, selon la formule de René Grousset, se sont constitués à partir d'un clan qui, à l'initiative d'un chef énergique proclamé khaan (ou grand khan ou qagan), réunissait par la force des armes et des alliances matrimoniales une vaste confédération de tribus. Et après avoir
déferlé et soumis de riches royaumes sédentaires voisins, le plus souvent son empire se disloque sous ses successeurs aussi vite qu'il s'est formé.

Plusieurs empires  se succèdent ainsi :

             Le plus célèbre et le plus vaste de ces empires, celui de Gengis Khan,
             se constitue initialement à partir de sa tribu, les Arlat, à laquelle se sont
             confédérés d'abord les autres tribus cousines proprement mongoles, puis celles
             des Djelaïr, des Tatar, les Merkit, les Oïrat, les Tumat, les Naïman, les
             Ongüt, et surtout la fédération des Kereit où, comme dans les deux précédentes,
             dominent des chrétiens nestoriens. Toghril, l'Ong khan les Kereit, dont le père de Gengis

             Khan était l'allié juré, avance le projet de confédération que Gengis reprend à son compte

             après avoir vaincu son ancien maître.

L'origine des Mongols

Il semble que ce peuple apparaisse déjà dans les chroniques chinoises du IVe siècle de l'ère chrétienne sous le nom de Meng-gu. Il serait originaire des confins occidentaux de la Mandchourie,
c'est-à-dire de la région du cours supérieur du fleuve Amour.

C'est un fait que les Mongols n'ont jamais été en contact direct avec les peuples indo-européens (Iraniens et Tokhariens) qui ont dominé l'Asie centrale jusqu'aux environs de l'an 1000, contrairement aux peuples turcs.
Cela s'explique par le fait qu'ils occupaient à cette époque une position assez reculée.

Les Mongols ont un lien particulier avec le massif montagneux du Khentei, situé au nord d'Oulan-Bator et au sud du lac Baïkal. Ils y situent leur montagne sacrée, le Burqan Qaldun, où leurs ancêtres mythiques, le Loup Bleu et la Biche Fauve (Börte Chino et Qo'ai Maral) auraient vécu.

La première confédération mongole que l'on connaisse s'est formée à l'est du Khentei, sous
l'impulsion de Qabul Khan, qui a probablement vécu entre 1100 et 1150. Ses conflits avec les Tatars, ses voisins orientaux, ont entraîné sa dislocation.

Au début du XIIIe siècle et dès la seconde moitié du XIIe siècle, dans toutes les tribus mongoles, se forme une aristocratie de la steppe, appelée le groupe des noïns. Ils portent des noms et titres distinctifs comme ba gatour (preux, courageux), böki (fort, puissant), bilgaï (sage), setchen (savant), merguen (archer excellent). Les différentes tribus sont constamment en guerre les unes
contre les autres, ce qui permet aux chefs de clans victorieux d’accroitre leur pouvoir économique, par la possession d’esclaves et de pâturages. Les vaincus, les ounagan bogol, gardent le bétail des tribus dominantes et traquent le gibier lors des chasses organisées à l’échelle nationale. Les nuker,
membres de l’escorte du khan, deviennent la force armée de la domination des masses. Le passage de la propriété collective du bétail et des pâturages par les clans (kuren) à la propriété privée des familles (aïls) marque le début du féodalisme nomade. Les pâtres libres se trouvent assujettis
aux seigneurs féodaux, propriétaires (edjen) du domaine de pâturages (noutoug).
L’économie de l’aïl reste autarcique, mais n’exclut pas le troc avec les peuples sédentaires voisins (bétail contre produits manufacturés)

 

 



12/09/2011
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